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Indépendance financière

Lean FIRE ou Fat FIRE : deux visions très différentes du nécessaire

Le Lean FIRE échange de la souplesse de dépenses future contre une indépendance plus précoce. Le Fat FIRE offre davantage de marge, mais chaque année d’accumulation supplémentaire coûte du temps.

Lean FIRE ou Fat FIRE : deux visions très différentes du nécessaire article illustration: Le Lean FIRE échange de la souplesse de dépenses future contre une indépendance plus précoce. Le Fat FIRE offre davantage de marge, mais chaque année d’accumulation supplémentaire coûte du temps.

Ima­gi­nez deux per­sonnes du même âge, avec des re­ve­nus proches et un ca­pi­tal in­vesti com­pa­rable. L’une re­garde un ap­par­te­ment mo­deste, une voi­ture peu coû­teuse et un budget maî­trisé et y voit une sortie pos­sible. L’autre re­garde la même vie et y voit une contrainte qui risque de de­ve­nir per­ma­nente.

Toutes deux veulent l’in­dé­pen­dance finan­cière. Elles ne sont sim­ple­ment pas d’ac­cord sur la forme que doit prendre la li­berté une fois celle-ci at­teinte.

C’est l’une des dif­fé­rences entre le Lean FIRE et le Fat FIRE. Le Lean FIRE vise un por­te­feuille plus petit en main­te­nant les dé­penses basses. Le Fat FIRE vise un por­te­feuille plus im­por­tant, ca­pable de finan­cer une vie plus chère.

Les chiffres ne ra­content qu’une partie de l’his­toire. Chaque ap­proche fait un pari dif­fé­rent sur l’in­cer­ti­tude, les envies et la confiance à ac­cor­der à vos pré­fé­rences ac­tuelles.

Le Lean FIRE fait une pro­messe puis­sante

Le Lean FIRE com­mence par une arith­mé­tique sé­dui­sante. Dé­pen­ser moins permet d’in­ves­tir da­van­tage au­jour­d’hui et réduit le ca­pi­tal né­ces­saire pour finan­cer votre vie demain.

Une per­sonne qui pré­voit 40 000 dol­lars de dé­penses an­nuelles n’a pas besoin du même por­te­feuille qu’une per­sonne qui en pré­voit 100 000. L’écart peut re­pré­sen­ter plu­sieurs années de tra­vail.

C’est pour­quoi la fru­ga­lité occupe une place si im­por­tante dans le mou­ve­ment FIRE. Ré­duire une dé­pense ré­cur­rente peut avoir plus d’ef­fet que ne le laisse penser l’éco­no­mie men­suelle : un lo­ge­ment moins cher, moins de voi­tures ou moins de voyages di­mi­nuent aussi le ca­pi­tal né­ces­saire à l’in­dé­pen­dance finan­cière.

L’arith­mé­tique fonc­tionne. Mais votre budget de re­traite doit encore pré­voir quelque chose qu’un ta­bleur gère mal : la per­sonne que vous de­vien­drez.

Un plan Lean FIRE sup­pose que la vie qui vous convient à 35 ans vous convien­dra encore à 50 ou 65 ans. Ce pari peut être rai­son­nable. Cer­taines pré­fé­rences res­tent stables pen­dant des dé­cen­nies. Si les hôtels de luxe ou les voi­tures coû­teuses ne vous in­té­ressent pas, il n’est pas né­ces­saire de les finan­cer.

De faibles dé­penses peuvent ce­pen­dant avoir deux ori­gines. Vous pouvez dé­pen­ser peu parce que vous n’avez pas besoin de beau­coup. Ou parce que chaque achat re­pousse votre date de re­traite.

Un ta­bleur at­tri­bue le même mon­tant annuel à ces deux vies. Les vivre est très dif­fé­rent.

La fru­ga­lité peut dis­pa­raître avant le plan de re­traite

La ver­sion fra­gile du Lean FIRE dépend d’ha­bi­tudes que vous pen­siez seule­ment devoir sup­por­ter pen­dant l’ac­cu­mu­la­tion.

La res­tric­tion a un ob­jec­tif tant que vous pour­sui­vez une cible. Le petit ap­par­te­ment est tem­po­raire. Les va­cances mo­destes font pro­gres­ser le por­te­feuille. Vous évitez les res­tau­rants parce que chaque éco­no­mie rap­proche l’in­dé­pen­dance finan­cière.

La re­traite sup­prime la des­ti­na­tion qui don­nait un sens à ces sa­crifices.

Votre por­te­feuille doit alors sou­te­nir ce budget pour le reste de votre vie. À 40 ans, cela peut vou­loir dire encore cin­quante ans.

Pen­dant ce temps, votre si­tua­tion peut chan­ger. Vous pouvez vous mettre en couple, aider des pa­rents vieillis­sants ou avoir des en­fants. Un loisir peut de­ve­nir coû­teux lorsque vous avez enfin le temps de le pra­ti­quer. Vous pouvez vou­loir quit­ter une ville que vous aimiez, alors que le lo­ge­ment bon marché choisi au­tre­fois de­vient plus cher.

Aucun de ces chan­ge­ments n’exige un évé­ne­ment ex­tra­or­di­naire. Une longue re­traite laisse sim­ple­ment beau­coup de temps aux hy­po­thèses ini­tiales pour évo­luer.

Le Lean FIRE de­mande donc da­van­tage de confiance dans vos dé­penses fu­tures qu’un plan avec une marge plus large. Plus le budget est serré, moins il ab­sorbe les er­reurs de pré­vi­sion.

Le Fat FIRE achète de la marge

On réduit sou­vent le Fat FIRE à de plus belles mai­sons, aux vols en classe af­faires et aux res­tau­rants coû­teux. Un por­te­feuille plus grand peut finan­cer ces choix, mais le luxe n’ex­plique qu’une partie de son in­té­rêt.

Le Fat FIRE vous donne de la place pour chan­ger de plan.

Vous pouvez dé­mé­na­ger dans une ville plus chère, aider un parent ou faire un long voyage sans re­cons­truire votre plan finan­cier à chaque dé­ci­sion. Une marge plus im­por­tante peut aussi rendre une longue baisse des mar­chés moins per­tur­bante.

Lean FIRE

Vous échan­gez de la sou­plesse de dé­penses contre du temps.

Un budget annuel plus bas réduit le por­te­feuille né­ces­saire et peut avan­cer de plu­sieurs années l’in­dé­pen­dance finan­cière.

Le coût ap­pa­raît plus tard si le mode de vie sou­haité de­vient plus cher que celui que vous avez financé.

Fat FIRE

Vous échan­gez du temps contre de la sou­plesse de dé­penses.

Un por­te­feuille plus grand laisse da­van­tage de place aux chan­ge­ments de goûts, aux dé­penses fa­mi­liales et aux choix dis­cré­tion­naires.

Le coût ap­pa­raît pen­dant l’ac­cu­mu­la­tion, lors­qu’une année de tra­vail sup­plé­men­taire achète encore plus de marge.

La re­traite change aussi votre ma­nière de ré­pondre à une hausse des dé­penses. Lorsque vous tra­vaillez, vous pouvez gagner da­van­tage, épar­gner moins pen­dant un temps ou chan­ger d’em­ploi. Lorsque votre por­te­feuille four­nit l’es­sen­tiel de vos re­ve­nus, vous avez moins de moyens simples de com­pen­ser une hausse per­ma­nente.

Le Fat FIRE donne au plan da­van­tage de to­lé­rance aux er­reurs. Vous pouvez vous trom­per sur une partie de votre vie future sans devoir im­mé­dia­te­ment re­prendre un emploi ou couper sé­vè­re­ment ailleurs.

La ligne d’ar­ri­vée du Fat FIRE peut conti­nuer à s’éloi­gner

Plus de marge résout un pro­blème et en crée un autre : vous pouvez conti­nuer à agran­dir l’ob­jec­tif.

Au début, un por­te­feuille plus im­por­tant finance quelque chose de concret. Un mil­lion sup­plé­men­taire peut sou­te­nir une fa­mille, élar­gir la ré­serve de sé­cu­rité ou rendre abor­dable un mode de vie précis. Après un cer­tain point, le bénéfice de­vient plus difficile à identifier.

Les hauts re­ve­nus ren­contrent un biais par­ti­cu­lier à la fin de l’ac­cu­mu­la­tion. Chaque année sup­plé­men­taire ap­porte une nou­velle épargne im­por­tante, de la crois­sance et peut-être un bonus. Conti­nuer à tra­vailler paraît sé­dui­sant long­temps après que cet argent ne change plus beau­coup la vie qui attend de l’autre côté du tra­vail.

Vos dé­penses peuvent aussi aug­men­ter avec vos re­ve­nus. Vous vous ha­bi­tuez à une maison plus grande, à de meilleurs voyages et à da­van­tage de confort. Le por­te­feuille requis pour pré­ser­ver ce mode de vie aug­mente avec lui.

Vous pouvez donc ac­cu­mu­ler da­van­tage tout en pro­gres­sant peu vers une ligne d’ar­ri­vée que vous dé­pla­cez sans cesse. Un plan Fat FIRE doit définir le né­ces­saire avant que la ri­chesse crois­sante ne change cette défini­tion.

L’ar­gent et le temps ne se com­posent pas de la même ma­nière

Un ta­bleur FIRE peut me­su­rer avec une grande pré­ci­sion la valeur d’une année de tra­vail sup­plé­men­taire. À 45 ans, cette année peut ajou­ter une somme im­por­tante grâce à l’épargne et aux mar­chés.

Le ta­bleur n’a pas de cel­lule com­pa­rable pour me­su­rer la valeur d’avoir 45 ans sans obli­ga­tion de tra­vailler.

Vous pouvez par­fois re­cons­ti­tuer un ca­pi­tal perdu : gagner plus, ré­duire les dé­penses ou profiter d’une re­prise des mar­chés. Vous ne pouvez pas ré­cu­pé­rer une année donnée à l’ac­cu­mu­la­tion.

Cela ne fait pas de la re­traite pré­coce la bonne ré­ponse pour tout le monde. Vous aimez peut-être votre tra­vail ou vous voulez une marge qui sup­prime l’an­xiété finan­cière. Le calcul change tou­te­fois à mesure que vous ap­pro­chez de l’in­dé­pen­dance.

Passer de l’in­sé­cu­rité finan­cière à l’in­dé­pen­dance peut trans­for­mer votre façon de vivre et de tra­vailler. Passer d’un grand por­te­feuille à un por­te­feuille un peu plus grand peut ne rien chan­ger à votre quo­ti­dien.

Chaque année sup­plé­men­taire doit mé­ri­ter sa place dans le plan.

La re­traite peut coûter plus que ne le sug­gère la vie active

Beau­coup de plans sup­posent que les dé­penses de re­traite res­sem­ble­ront à celles de la vie active après re­trait des coûts liés à l’em­ploi.

Cer­taines dé­penses di­mi­nuent : tra­jets, vê­te­ments de tra­vail ou lo­ge­ment près d’un bassin d’em­ploi. Mais le temps libre peut aussi ré­vé­ler des dé­penses que le tra­vail mas­quait. Les voyages et les loi­sirs prennent une autre am­pleur lorsque vous dis­po­sez de cen­taines d’heures pour les pra­ti­quer.

Les dé­penses de re­traite mé­ritent donc mieux qu’une seule es­ti­ma­tion an­nuelle. Dis­tin­guez ce qui sou­tient votre vie es­sen­tielle de ce que vous sou­hai­tez pro­té­ger lorsque les mar­chés baissent, et pré­voyez les grosses dé­penses ir­ré­gu­lières.

Construi­sez deux bud­gets de re­traite

Notez le coût annuel de votre vie es­sen­tielle, puis celui de la vie que vous ai­me­riez conser­ver. L’écart in­dique com­bien vous pour­riez ré­duire vos dé­penses pen­dant une mau­vaise année de marché sans tou­cher aux be­soins fon­da­men­taux.

Cette dis­tinc­tion four­nit une in­for­ma­tion plus utile qu’un seul chiffre.

Le milieu offre plus de choix que les éti­quettes ne le laissent croire

Les éti­quettes FIRE sim­plifient la dis­cus­sion, mais peu de per­sonnes choi­sissent entre fru­ga­lité ex­trême et luxe per­ma­nent.

Il existe un large milieu où l’in­dé­pen­dance finan­cière arrive avant la ri­chesse maxi­male. Lorsque vos in­ves­tis­se­ments couvrent l’es­sen­tiel de vos dé­penses, votre re­la­tion au tra­vail change. Vous pouvez quit­ter un mau­vais patron, ac­cep­ter un emploi moins ré­mu­néré mais plus in­té­res­sant ou en­vi­sa­ger une année sab­ba­tique. Le tra­vail à temps par­tiel et une petite ac­ti­vité ne me­nacent plus tout le plan.

Vous pouvez conti­nuer à tra­vailler. La dif­fé­rence est que vous n’avez plus autant besoin du sa­laire.

Lean FIRE et Fat FIRE op­ti­misent des contraintes dif­fé­rentes

Le Lean FIRE donne plus de poids au temps. Vous ac­cep­tez une plage de dé­penses fu­tures plus étroite pour at­teindre plus vite l’in­dé­pen­dance. Pour une per­sonne aux goûts peu coû­teux et aux pro­jets stables, cet échange peut être per­ti­nent.

Le Fat FIRE donne plus de poids à la sou­plesse. Vous ac­cep­tez da­van­tage d’an­nées d’ac­cu­mu­la­tion en échange d’un plus grand éven­tail de choix futurs. Cela peut conve­nir à une per­sonne ayant des loi­sirs coû­teux, des res­pon­sa­bi­li­tés fa­mi­liales ou peu de to­lé­rance aux contraintes finan­cières.

Chaque ap­proche a un coût. Le Lean FIRE laisse moins de place à une hausse des dé­penses ; le Fat FIRE peut consom­mer des années qu’un por­te­feuille plus grand ne rendra jamais en qua­lité de vie.

« Suffisant » est le chiffre qui compte

Un plan d’in­dé­pen­dance finan­cière du­rable a besoin d’as­sez de marge pour que votre vie change sans trans­for­mer l’ac­cu­mu­la­tion en projet per­ma­nent.

Aucune for­mule de taux de re­trait ne peut cal­cu­ler ce point à votre place. La ré­ponse dépend de la vie que vous voulez pro­té­ger avec votre argent et du temps que vous êtes prêt à échan­ger contre une couche de sé­cu­rité sup­plé­men­taire.

La planifica­tion finan­cière peut donner une fausse im­pres­sion de pré­ci­sion : vous mo­dé­li­sez les ren­de­ments au cen­tième tout en sup­po­sant que vos pré­fé­rences res­te­ront fixes pen­dant des dé­cen­nies.

Le Lean FIRE place da­van­tage de risque sur les dé­penses fu­tures. Le Fat FIRE place da­van­tage de coût sur vos années de tra­vail. Dé­ci­dez quel risque vous pouvez ac­cep­ter, lais­sez de la place aux er­reurs et cessez d’aug­men­ter l’ob­jec­tif lorsque plus d’ar­gent ne finance plus une vie que vous va­lo­ri­sez da­van­tage.

À lire aussiTrans­for­mez votre ob­jec­tif en plan concret, de vos dé­penses réelles au pont né­ces­saire pour une re­traite pré­coce. Utile éga­le­mentDé­cou­vrez com­ment votre por­te­feuille peut évo­luer avec les étapes de la vie tout en res­tant aligné sur les risques que votre plan peut sup­por­ter.
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