Demandez combien d’argent il faut pour prendre sa retraite et l’on vous répondra presque toujours la même chose : 25 fois vos dépenses annuelles. Si vous dépensez 30 000 € par an, cela fait 750 000 €.
Ce chiffre vient de la règle des 4 %, facile à retenir et fondée sur des recherches sérieuses. Mais ces recherches répondaient à une question plus étroite que la vôtre, et pour la plupart des gens le chiffre obtenu est faux. Pour comprendre pourquoi, mieux vaut commencer par le commencement.
Pourquoi il faut de l’argent quand on arrête de travailler
Les factures ne s’arrêtent pas avec le salaire
Le logement, l’alimentation, l’énergie ou la santé continuent de coûter de l’argent après le dernier salaire : votre épargne devra donc couvrir ces dépenses pendant toutes les années que vous vivrez sans travailler :
Prenons Ana et David, 50 ans. Ils dépensent 30 000 € par an, veulent arrêter de travailler à 60 ans et ont besoin que leur argent dure jusqu’à 90 ans, soit 30 années de dépenses :
L’argent placé rapporte de l’argent
Ce calcul suppose que leur épargne reste immobile pendant 30 ans, ce qui n’a rien d’obligatoire. Investir, c’est acheter des actifs qui versent un revenu ou prennent de la valeur : les actions vous donnent une part des bénéfices des entreprises, et les obligations vous versent des intérêts en échange d’un prêt à des États ou à des entreprises.
Ces gains produisent ensuite leurs propres gains. Ce sont les intérêts composés, qui finissent par creuser un écart considérable avec les intérêts simples, calculés uniquement sur le capital de départ. Voici comment progressent 10 000 € à 5 % par an au-dessus de l’inflation :
| Ans | Intérêts simples | Intérêts composés |
|---|---|---|
| 1 | 10 500 € | 10 500 € |
| 2 | 11 000 € | 11 025 € |
| 3 | 11 500 € | 11 576 € |
| 5 | 12 500 € | 12 763 € |
| 10 | 15 000 € | 16 289 € |
| 20 | 20 000 € | 26 533 € |
| 30 | 25 000 € | 43 219 € |
Au bout de 30 ans, les intérêts composés ont rapporté plus du double, et c’est pourquoi Ana et David ont besoin de bien moins de 900 000 €, à condition d’accepter que les marchés baissent aussi, parfois d’un tiers ou plus en une seule année.
L’argent laissé en liquidités fond en silence
L’inflation est la hausse générale et continue des prix. À 3 % par an, les 30 000 € qu’Ana et David dépensent cette année coûteront 30 900 € l’an prochain, et l’argent laissé en liquidités achète un peu moins chaque année :
| Ans | Coût des dépenses d’Ana et David | Ce qu’achètent 100 000 € en liquidités |
|---|---|---|
| 1 | 30 900 € | 97 087 € |
| 2 | 31 827 € | 94 260 € |
| 3 | 32 782 € | 91 514 € |
| 5 | 34 778 € | 86 261 € |
| 10 | 40 317 € | 74 409 € |
| 20 | 54 183 € | 55 368 € |
| 30 | 72 818 € | 41 199 € |
Au bout de 30 ans, l’argent qui dort a perdu près de 60 % de son pouvoir d’achat ; c’est pourquoi, à partir d’ici, tous les montants sont en euros d’aujourd’hui et les rendements se mesurent au-dessus de l’inflation.
Assembler les pièces
Dépenses, années, rendements et inflation sont les quatre ingrédients. Avec un rendement parfaitement régulier de 5 % par an au-dessus de l’inflation, Ana et David pourraient financer leurs 30 années avec environ 461 000 €. Les marchés réels ne sont jamais aussi réguliers, et la vraie question est donc de savoir combien d’argent résiste aussi aux mauvaises années. Les chercheurs y ont répondu en rejouant l’histoire.
L’étude Trinity
En 1994, le planificateur financier William Bengen a rejoué l’histoire du marché américain depuis 1926 dans une étude qui imaginait un nouveau retraité chaque année. Chacun retirait la première année un pourcentage de son épargne de départ, puis augmentait ce montant de l’inflation chaque année. À 4 %, tous les portefeuilles ont duré au moins 33 ans.[1]
Quatre ans plus tard, trois professeurs de Trinity University ont refait le test avec davantage de taux de retrait et de compositions de portefeuille. Leur article, connu aujourd’hui sous le nom d’étude Trinity, est là où la plupart des gens découvrent la règle des 4 %. À partir des données américaines de 1926 à 1995, ils ont mesuré à quelle fréquence l’argent durait 30 ans :[2]
| Portefeuille | 3 % | 4 % | 5 % | 6 % |
|---|---|---|---|---|
| 100 % actions | 100 % | 95 % | 85 % | 68 % |
| 75 % actions / 25 % obligations | 100 % | 98 % | 83 % | 68 % |
| 50 % actions / 50 % obligations | 100 % | 95 % | 76 % | 51 % |
À 4 %, tous les portefeuilles composés au moins à moitié d’actions ont tenu les 30 ans dans 95 % des périodes étudiées ou plus.
La règle des 4 %, ou 25 années de dépenses
Ces travaux ont donné une règle en trois étapes :
- La première année, retirez 4 % de votre épargne de départ.
- Chaque année suivante, retirez le même montant revalorisé de l’inflation, quoi qu’aient fait les marchés.
- Laissez le reste investi.
Retournée, la règle donne l’objectif bien connu : votre épargne doit représenter 25 années de dépenses.
Pour Ana et David, cela donne 25 × 30 000 € = 750 000 €, près de 290 000 € de plus que les 461 000 € qui suffiraient si le marché montait exactement de 5 % chaque année. Cet écart existe parce que l’ordre des rendements compte, pas seulement leur moyenne. Supposons que leurs 461 000 € obtiennent cette même moyenne de 5 % sur 30 ans, mais avec trois mauvaises années (−25 %, −15 % et −5 %) et environ 7,5 % les autres années :
| Ans | Toujours 5 % | Mauvaises années au début | Mauvaises années à la fin |
|---|---|---|---|
| 1 | 454 233 € | 315 880 € | 465 992 € |
| 3 | 439 292 € | 196 574 € | 476 748 € |
| 5 | 422 819 € | 165 111 € | 489 189 € |
| 10 | 373 867 € | 63 165 € | 529 502 € |
| 15 | 311 391 € | Épuisé | 587 510 € |
| 20 | 231 653 € | Épuisé | 670 982 € |
| 25 | 129 886 € | Épuisé | 791 096 € |
| 30 | 0 € | Épuisé | 433 749 € |
Avec les mauvaises années à la fin, il reste de l’argent. Avec ces mêmes années au début, il est épuisé dès la 13e année, quand Ana et David ont 73 ans, car chaque retrait pendant la baisse vend des actifs à bas prix, et ce qui a été vendu ne profite plus du rebond. C’est le risque de séquence des rendements. Pour couvrir un mauvais départ comme celui-ci, il faut à peu près les 750 000 € que donne la règle des 4 %.
Le résultat est net, mais il décrit le retraité de l’expérience : aucune pension, ni impôts ni frais, le même portefeuille toute sa vie, un budget qui ne change jamais et exactement 30 ans à financer. Peu de retraites réelles ressemblent à cela.
Sept raisons pour lesquelles la règle des 4 % fausse votre chiffre
1. Elle suppose que vous n’avez pas de pension
La règle attend de vos placements qu’ils paient tout, alors que la plupart des gens toucheront aussi une pension publique ou d’entreprise.
Ana et David attendent des pensions cumulées de 15 000 € par an, nettes, à partir de 67 ans, si bien que leurs placements n’auront plus ensuite à couvrir que l’autre moitié de leurs dépenses :
Ils comptent pourtant arrêter de travailler à 60 ans, ce qui laisse sept années pendant lesquelles leur épargne devra aussi payer les 15 000 € que la pension couvrira plus tard. Cette transition coûte 7 × 15 000 € = 105 000 €, de sorte que leur besoin réel est de 375 000 € + 105 000 € = 480 000 €, et non de 750 000 €.
Un multiplicateur unique ne peut saisir aucune de ces deux parties. Appliqué à tout leur budget, il surestime leur besoin de 270 000 €, et appliqué seulement à l’écart après 67 ans, il oublie la transition et les laisse avec 105 000 € de moins que nécessaire. Pour bien faire, il faut placer chaque revenu à la date à laquelle il commence réellement.
2. Elle ne change jamais vos dépenses, même pendant un krach
Le retraité de l’étude augmente ses dépenses de l’inflation chaque année quoi qu’il arrive, ce qui signifie qu’après un krach il vend davantage d’actions à bas prix pour payer les mêmes vacances.
Nous avons déjà vu ce que cela coûte : avec les mêmes mauvaises années au début plutôt qu’à la fin, les 461 000 € d’Ana et David sont épuisés à 73 ans au lieu de laisser un reste. Les pires cas de Bengen étaient exactement cela : des personnes parties à la retraite à la fin des années 1960, qui ont subi un krach et une forte inflation dès leurs premières années.
Les vrais retraités se comportent rarement comme celui de l’étude, car la plupart voyageraient moins après une mauvaise année, et cette flexibilité se révèle très précieuse. En 2006, Jonathan Guyton et William Klinger ont étudié des retraités qui renonçaient à la revalorisation après une année de pertes et réduisaient leurs dépenses de 10 % dès que les retraits devenaient trop lourds par rapport au portefeuille. Avec ces deux règles, des retraits initiaux de 5,2 – 5,6 % ont tenu dans 99 % de leurs tests historiques pour des portefeuilles composés d’au moins 65 % d’actions.[3]
À 5,2 %, les 30 000 € d’Ana et David nécessiteraient environ 577 000 € au lieu de 750 000 €. En contrepartie, ils devraient accepter un budget plus serré certaines années, ce qui n’est raisonnable que si les dépenses essentielles, comme le logement et l’alimentation, restent protégées et que les réductions portent sur les dépenses facultatives.
Découvrez l’effet de l’ordre des rendementsSuivez deux portefeuilles aux rendements identiques dans un ordre différent, pendant que les retraits écartent leurs résultats.3. Elle suppose un seul portefeuille fixe pendant 30 ans
Chaque portefeuille étudié gardait la même composition, rééquilibrée chaque année pendant 30 ans, et la version la plus citée est moitié actions, moitié obligations.
La composition que vous choisissez compte pourtant plus que la règle ne le laisse entendre. À 4 % dans l’étude Trinity, un portefeuille à 75 % d’actions a tenu dans 98 % des périodes contre 95 % pour une répartition égale, et les portefeuilles chargés en obligations ont fait bien pire, puisque seulement 71 % ont tenu quand les actions n’en représentaient qu’un quart. Des actifs à croissance lente ne pouvaient tout simplement pas suivre des dépenses qui augmentaient chaque année avec l’inflation.
Les vrais plans font d’ailleurs évoluer leur composition avec le temps. Ana et David pourraient garder les sept années de transition en liquidités et en obligations à court terme, placer leur épargne de long terme surtout en actions et transférer peu à peu l’argent de l’une à l’autre à l’approche de la pension, ce que la règle des 4 % n’a aucun moyen d’exprimer.
4. Elle achète 95 % de certitude à prix d’or
Voici les résultats de Trinity pour un portefeuille réparti à parts égales entre actions et obligations, traduits en argent qu’Ana et David devraient épargner :
| Retrait initial | Argent nécessaire pour 30 000 € par an | Périodes ayant duré 30 ans |
|---|---|---|
| 6 % | 500 000 € | 51 % |
| 5 % | 600 000 € | 76 % |
| 4 % | 750 000 € | 95 % |
| 3 % | 1 000 000 € | 100 % |
Passer de 51 % à 76 % coûte 100 000 €, soit environ 4 000 € par point, alors que passer de 76 % à 95 % coûte 150 000 €, près de 8 000 € par point. Les cinq derniers points, de 95 % à 100 %, coûtent 250 000 €, ce qui revient à 50 000 € par point.
Autrement dit, la certitude coûte de plus en plus cher à mesure qu’on la pousse vers 100 %, et comme chaque euro d’épargne supplémentaire doit être gagné, chaque point de plus coûte aussi davantage de temps de travail que le précédent.
Il faut aussi se rappeler ce que signifiait « échec » dans cette étude : un retraité qui a continué à dépenser la même somme jusqu’à épuisement sans jamais s’adapter. Un plan affichant 75 % de réussite avec un budget rigide ne signifie donc pas 25 % de risque de faillite, mais plutôt environ 25 % de risque de devoir réduire ses dépenses à un moment donné. La recherche sur l’ajustement des dépenses suggère que, pour les ménages prêts à le faire, une probabilité initiale plus basse peut constituer un plan tout à fait raisonnable,[5] à condition de savoir à l’avance jusqu’où les réductions pourraient aller et de garder les dépenses essentielles protégées.
5. Elle ignore le coût de finir avec trop
L’étude compte comme une réussite un retraité qui termine avec 1 € aussi bien qu’un retraité qui termine avec 3 millions, et en pratique la plupart ont fini très au-dessus de cet euro.
Quand Michael Kitces a étudié des périodes glissantes de 30 ans depuis les années 1870 avec un portefeuille 60/40, il a constaté qu’un retraité appliquant la règle des 4 % finissait avec plus d’argent qu’au départ dans 60 % des cas, même après correction de l’inflation.[4]
L’argent jamais dépensé a lui aussi un coût, qui se paie en années de travail supplémentaires ou en voyages et en aide à vos enfants que vous avez repoussés parce qu’une formule vous disait d’attendre. Transmettre un héritage est un objectif tout à fait légitime, mais ce devrait être une décision de votre part plutôt que l’effet secondaire d’une règle trop prudente.
C’est le revers du point précédent, puisque plus le taux de réussite que vous exigez est élevé, plus vous risquez de finir avec bien plus que nécessaire.
6. Elle ignore les impôts
L’étude Trinity utilisait des rendements avant impôts et frais de gestion, alors que vous paierez vos factures avec de l’argent déjà imposé.
Supposons, à titre purement illustratif, que les retraits d’Ana et David soient imposés à un taux effectif de 15 %. Pour dépenser 15 000 €, ils devraient retirer 15 000 € ÷ 0,85 ≈ 17 647 €, et en appliquant ce calcul à leur plan avec pension et transition, leurs 480 000 € passent à environ 565 000 €. Les frais ont le même effet, puisque des frais annuels de 1 % sur 750 000 € prélèvent 7 500 € par an, soit un quart d’un retrait de 30 000 €.
Une bonne organisation peut réduire la facture fiscale. Beaucoup de systèmes n’imposent que la plus-value lors d’une vente et non la totalité du montant, si bien que les premiers retraits, constitués surtout de votre épargne de départ, peuvent être peu taxés, et en France le PEA et l’assurance-vie bénéficient en outre d’une fiscalité allégée après plusieurs années de détention. Réaliser des moins-values va plus loin en vendant des placements en perte pour compenser des plus-values imposables. Emprunter en donnant son portefeuille en garantie, ce qu’on appelle un crédit lombard, permet de financer des dépenses sans rien vendre, donc sans vente imposable pour l’instant, mais le prêt coûte des intérêts et une baisse des marchés peut vous obliger à le rembourser ou à vendre au pire moment. Les possibilités dont vous disposez dépendent de votre pays et de la manière dont vos comptes sont organisés.
7. Elle suppose exactement 30 ans
Le test le plus long de Trinity portait sur 30 ans, alors qu’une personne qui part à 60 ans peut très bien vivre jusqu’à 95 ans ou plus, et qu’une personne qui part à 45 ans a besoin d’argent pour un demi-siècle. Les couples doivent aussi prévoir pour celui qui vivra le plus longtemps, souvent avec une seule pension de réversion réduite, si bien que l’horizon qui compte est le vôtre, et que la règle ne s’y adapte pas.
Ce que la règle a faussé pour Ana et David
| Montant | |
|---|---|
| Dépenses × 30 ans, sans placer | 900 000 € |
| La règle des 4 % | 750 000 € |
| Avec leur pension et 7 ans de transition | 480 000 € |
| En ajoutant 15 % d’impôts sur les retraits | 565 000 € |
La règle des 4 % disait à Ana et David qu’il leur fallait 750 000 €, alors que leurs propres chiffres situent le montant autour de 565 000 €, près de 200 000 € de moins, et cela avant même de compter la moindre flexibilité dans leurs dépenses. Pour eux, la différence représente des années d’épargne en plus.
L’erreur peut tout aussi bien jouer dans l’autre sens. Une personne partant à 45 ans sans pension, avec des impôts élevés ou un portefeuille presque entièrement obligataire pourrait découvrir que la règle la laisse à court, et c’est pourquoi un multiplicateur unique est le mauvais outil pour une décision de cette ampleur.
Comment Fignis remplace la règle par votre plan
Chacune des hypothèses précédentes peut être remplacée par la vôtre. Fignis construit une projection financière à partir de vos vrais chiffres plutôt que d’un multiplicateur :
| La règle des 4 % suppose | Dans Fignis |
|---|---|
| Aucune pension | Ajoutez chaque pension et revenu à sa date de début |
| Des dépenses rigides | Séparez dépenses essentielles et facultatives, et choisissez comment les dépenses facultatives réagissent aux mauvaises années |
| Un portefeuille fixe | Donnez à chaque actif son propre rendement et déplacez l’argent entre actifs à des dates ou lors d’événements de vie |
| 95 % ou rien | Lancez des simulations de Monte-Carlo et voyez le taux de réussite et à quoi ressemble chaque issue |
| Finir avec trop ne compte pas | Voyez tout l’éventail du patrimoine final, pas seulement si vous avez tenu |
| Aucun impôt | Appliquez les règles fiscales prises en charge et le prix de revient à vos retraits |
| Exactement 30 ans | Fixez votre propre date de départ et votre horizon |
Pour le voir avec des chiffres, nous avons fait passer le plan d’Ana et David dans Fignis. Ils arrivent à 60 ans avec environ 565 000 € dans un portefeuille 60/40 : 60 % dans un fonds d’actions dont nous attendons 5 % par an au-dessus de l’inflation, et 40 % dans un fonds obligataire à 1,5 %. En partant à la retraite, ils mettent de côté 105 000 € sur un dépôt pour la transition et, à partir de 67 ans, touchent 15 000 € de pension à eux deux. Fignis ne calcule pas encore l’impôt sur les retraits, donc les 565 000 € incluent le coussin fiscal du point 6.
Des revenus à leurs vraies dates
Ana et David peuvent saisir leurs salaires jusqu’à 60 ans et chaque pension à partir de 67 ans, et la projection montre alors aussi bien les années de transition, quand l’épargne porte tout, que celles où la pension prend le relais, sans que personne ait à choisir quel multiplicateur appliquer.
Voir les données
| Âge | Fonds d’actions | Fonds obligataire | Compte et dépôt de transition |
|---|---|---|---|
| 50 | 133 000 € | 88 000 € | 10 000 € |
| 55 | 236 700 € | 135 800 € | 8 800 € |
| 60 | 369 000 € | 187 200 € | 7 800 € |
| 65 | 470 900 € | 53 200 € | 0 € |
| 70 | 534 700 € | 9 600 € | 0 € |
| 75 | 610 700 € | 0 € | 0 € |
| 80 | 695 800 € | 0 € | 0 € |
| 85 | 804 400 € | 0 € | 0 € |
| 90 | 940 400 € | 0 € | 0 € |
Des dépenses qui réagissent aux marchés
Chaque dépense est marquée comme essentielle ou facultative, et pour les dépenses facultatives Fignis propose trois politiques :
- Utiliser d’abord les actifs disponibles vend des placements pour continuer à payer.
- Préserver le capital ne paie les dépenses facultatives qu’avec ce que les placements ont rapporté sur la période, si bien qu’une mauvaise année réduit automatiquement le budget voyages au lieu d’obliger à vendre à bas prix.
- Préserver le pouvoir d’achat fonctionne de la même façon tout en protégeant aussi le capital contre l’inflation.
La flexibilité décrite au point 2 est ainsi intégrée au plan, au lieu de dépendre de la volonté en plein krach.
Les grosses dépenses ponctuelles, comme une voiture neuve à 65 ans ou une cuisine à 70 ans, se placent aux dates où elles devraient survenir au lieu d’être lissées dans une moyenne.
Un portefeuille qui évolue dans le temps
Chaque actif a sa propre hypothèse de rendement, les règles d’allocation décident où va l’argent nouveau, et les règles de transfert peuvent déplacer de l’argent entre actifs à une date donnée ou lors d’un événement de vie. Ana et David peuvent ainsi financer la transition avec le fonds obligataire pour ne pas vendre d’actions en partant à la retraite, et décider ce qui est vendu en premier quand la trésorerie manque : le dépôt, puis les obligations, et les actions en dernier.
Des taux de réussite qui veulent dire quelque chose
Fignis fait passer tout votre plan par jusqu’à 1 000 trajectoires de marché simulées, avec des années de krach et une inflation changeante. Chaque trajectoire aboutit à l’une de trois issues : le plan est financé (même s’il a fallu réduire des dépenses facultatives), un actif illiquide comme la maison a dû être vendu, ou des dépenses essentielles sont restées impayées. Les réductions sont comptées à part, combien de fois et pendant combien d’années, pour que vous voyiez ce que coûte chaque point de réussite.
Avec leur plan rigide, où l’on vend tout ce qu’il faut avant de réduire quoi que ce soit, Ana et David ont encore de l’argent à 90 ans dans 89,9 % des marchés simulés :
Voir les données
| Âge | Médiane | Les 10 % les pires (10e percentile) | Plan à rendement constant | 25e percentile | 75e percentile |
|---|---|---|---|---|---|
| 50 | 235 300 € | 224 200 € | 235 600 € | 229 300 € | 241 400 € |
| 55 | 388 000 € | 301 700 € | 383 800 € | 339 900 € | 445 700 € |
| 60 | 575 000 € | 398 000 € | 555 900 € | 476 900 € | 696 100 € |
| 65 | 544 900 € | 274 000 € | 516 100 € | 385 900 € | 766 200 € |
| 70 | 557 300 € | 212 300 € | 541 500 € | 349 600 € | 889 000 € |
| 75 | 618 600 € | 164 800 € | 610 200 € | 337 300 € | 1 093 300 € |
| 80 | 716 500 € | 128 500 € | 697 900 € | 315 500 € | 1 454 300 € |
| 85 | 810 300 € | 57 500 € | 809 800 € | 293 100 € | 1 878 500 € |
| 90 | 934 500 € | 0 € | 947 300 € | 288 200 € | 2 291 400 € |
La médiane suit de près le plan à rendement constant, mais l’éventail s’ouvre largement : dans un marché sur dix, l’argent s’épuise avant 90 ans, tandis que dans le quart le plus chanceux ils finissent avec plus de 2 millions. Si votre plan finit avec des millions dans la plupart des trajectoires, vous épargnez probablement plus que nécessaire.
La flexibilité du point 2 change le résultat. S’ils laissent les voyages être payés uniquement avec les gains du portefeuille, la réussite monte à 96,7 % :
Voir les données
| Âge | Dépenses rigides | Voyages payés par les gains |
|---|---|---|
| 60 | 100 % | 100 % |
| 65 | 100 % | 100 % |
| 70 | 100 % | 100 % |
| 75 | 99,2 % | 100 % |
| 80 | 96,4 % | 99,8 % |
| 85 | 93 % | 98,3 % |
| 90 | 89,9 % | 96,7 % |
| Politique pour les voyages | Réussite | Années avec voyages réduits (médiane) |
|---|---|---|
| Vendre des actifs avant de réduire | 89,9 % | 0 |
| Préserver le capital | 96,7 % | 11 |
| Préserver le pouvoir d’achat | 97,3 % | 14 |
Le prix de ces sept points, c’est de renoncer à tout ou partie des voyages environ onze années sur trente. Fignis met cet arbitrage sous vos yeux au lieu de le cacher dans un pourcentage.
Posez la question à l’envers
Plutôt que de deviner un chiffre puis de vérifier qu’il tient, vous pouvez laisser Fignis le chercher. Vous choisissez une seule chose qu’il a le droit de faire varier, comme la date de départ, le niveau de dépenses ou le capital de départ, ainsi que le taux de réussite souhaité, entre 50 % et 99 %. Ana et David pourraient par exemple demander quelle est la date la plus proche à laquelle nous pouvons partir avec au moins 75 % de chances de garder nos dépenses essentielles financées ? Fignis teste chaque candidat sur la même série de marchés simulés, puis vérifie le gagnant sur une nouvelle série.
La règle des 4 % était une expérience astucieuse sur un retraité américain imaginaire, alors que votre retraite a une date de pension, une facture fiscale, un portefeuille, des dépenses que vous pourriez réduire et d’autres non, et un horizon qui lui est propre. La règle aide à se faire une idée de l’ordre de grandeur, mais le plan qui répond vraiment à la question est celui que l’on construit avec ses propres chiffres.
Chiffrez une année de travail de plusVoyez comment une année supplémentaire change à la fois l’épargne, la transition et le taux de retrait. Planifiez le chemin vers votre objectifReliez votre chiffre de retraite aux versements et aux années nécessaires pour l’atteindre.